Glaires dans la gorge : pourquoi elles reviennent, selon la médecine chinoise
Le matin, ça racle.
Tu te réveilles avec cette sensation d'avoir quelque chose de collé au fond de la gorge. Tu toussotes, tu te racles la gorge, tu craches parfois. Dans la journée, ça va un peu mieux, puis ça revient. Et tout l'hiver, c'est le même refrain : le nez qui coule, la toux grasse qui traîne, les sinus pris, les mouchoirs dans toutes les poches.
On t'a peut-être proposé des sirops, des sprays, des inhalations, des pastilles. Ça soulage sur le moment. Et puis ça revient.
La médecine chinoise pose une question que personne ne t'a sûrement jamais posée : et si ces glaires ne venaient pas de ta gorge ?

Les glaires, en médecine chinoise : de l'humidité qui monte
En médecine chinoise, les glaires ont un nom de famille : l'humidité.
L'humidité, c'est ce qui reste quand le corps n'arrive pas à transformer complètement ce qu'il reçoit. Imagine une bouillasse jamais réduite, une soupe trop liquide qui n'a jamais assez chauffé. Elle s'épaissit, elle colle, elle stagne. Et le maître mot de l'humidité, c'est lourd : la tête lourde, les jambes lourdes, la sensation d'avoir la tête dans le coton.
Cette humidité ne reste pas sagement là où elle se forme. Elle monte. Et quand elle monte jusqu'au Poumon, elle devient ces glaires qui encombrent la gorge, les bronches et les sinus.
C'est pour ça qu'en médecine chinoise, on dit que les glaires chroniques, c'est de l'humidité de la Rate montée au Poumon. Le Poumon les stocke, il les crache, il tousse pour s'en débarrasser. Mais ce n'est pas lui qui les fabrique.
Le vrai atelier de fabrication : la digestion
En médecine chinoise, la Rate (on parle de la Rate-Pancréas, l'ensemble du système digestif qui transforme) est l'organe qui transforme la nourriture en énergie et en liquides utiles.
Quand elle a assez de feu, elle transforme bien. Quand elle en manque, elle transforme à moitié. Et ce qui n'est pas transformé devient de l'humidité.
C'est un peu comme une usine qui tourne au ralenti et qui produit des pièces à défaut. Les pièces ratées ne disparaissent pas. Elles s'entassent quelque part. Les glaires, c'est une partie de ce stock.
Et c'est là que tout se joue : si l'usine continue de produire des pièces à défaut, tu peux évacuer le stock autant que tu veux, il se reconstitue. C'est exactement ce que vivent les personnes qui enchaînent bronchite sur bronchite, de septembre à mars, malgré les sirops, les inhalations et parfois les antibiotiques. Tout ça soulage, et c'est parfois nécessaire. Mais ça ne ferme pas l'usine.
De l'eau qui gonfle ou des glaires qui collent ?
Il y a une nuance que j'aime beaucoup, parce qu'elle explique pourquoi deux personnes « humides » ne se ressemblent pas du tout.
Il existe une humidité « eau » : le corps garde l'eau, les chevilles gonflent, les paupières sont gonflées au réveil, on a parfois des soucis urinaires. Elle est souvent liée à un manque de chaleur plus profond, du côté du Rein.
Et il existe une humidité « glaires » : les crachats, la gorge encombrée, les sinus pris, les selles qui collent, parfois des kystes ou de l'acné. Elle vient plutôt d'une digestion qui manque d'énergie, du côté de la Rate.
On peut avoir les deux en même temps. Mais on peut aussi avoir plein de glaires sans jamais gonfler, ou gonfler sans jamais avoir de glaires. C'est pour ça qu'on ne se contente jamais du mot « humidité » : on regarde où elle se loge, et d'où elle vient.
Pourquoi c'est pire en hiver
En médecine chinoise, l'hiver énergétique commence vers le 7 novembre. C'est la saison de l'Eau et du Rein, notre réserve d'énergie, une sorte de compte épargne.
L'hiver, ton corps doit produire beaucoup plus de chaleur pour se maintenir à 37 °C. S'il n'en a pas assez, il va la chercher dans ses réserves : le Rein, la Rate, le Cœur. Et ce feu qu'il utilise pour se réchauffer, il ne l'a plus pour digérer.
Résultat : une digestion déjà un peu juste transforme encore moins bien. Plus de pièces à défaut. Plus d'humidité. Et le froid extérieur, qui entre par la nuque, les pieds et le dos, s'ajoute par-dessus.
Ajoute à ça la salade du midi, le yaourt du matin et l'eau fraîche toute la journée, comme en été, et tu obtiens la recette parfaite de l'hiver encombré.
Ce qui fabrique des glaires dans l'assiette
Si l'humidité vient d'une digestion qui transforme mal, la première question est simple : qu'est-ce qui lui demande le plus d'efforts ?
En médecine chinoise, on retrouve toujours les mêmes suspects :
le froid : les crudités, les boissons fraîches, les yaourts qui sortent du frigo, tout ce que ton corps doit réchauffer avant de pouvoir le digérer ;
l'excès de sucre et de céréales : une Rate trop sollicitée par le sucré et les féculents à chaque repas « déborde » sur le Poumon ;
les produits laitiers, surtout froids, qui encombrent les terrains déjà humides ;
l'ultra-transformé, que le corps reconnaît mal et transforme mal ;
le grignotage permanent, qui ne laisse jamais l'usine se reposer.
Je ne te dis pas de tout supprimer. Je te dis de regarder ce qui revient tous les jours. Le yaourt froid du matin, le sandwich du midi, le gâteau de 16 h et les pâtes du soir, en plein mois de janvier, ce n'est pas un repas qui pose problème. C'est la répétition.
Toux sèche, toux grasse : ce n'est pas la même histoire
Toutes les toux ne se ressemblent pas, et la médecine chinoise les écoute différemment.
La toux sèche qui arrive avec le coup de froid, avec des frissons, l'impression de ne pas réussir à se réchauffer, quelques éternuements : c'est le froid qui vient de l'extérieur et qui s'installe en surface. Là, on agit vite, dans les 24 à 48 heures.
La toux grasse, avec des glaires, qui traîne des semaines : c'est l'humidité, et la question devient celle du ventre.
La toux du petit matin, avec des glaires au réveil, se regarde encore autrement, du côté de l'énergie qui monte au lever.
Et il y a une toux que je trouve passionnante : celle qui s'aggrave quand on s'allonge. En médecine chinoise, le Rein aide le Poumon à « tirer » l'inspiration vers le bas, comme quand tu tires sur une pompe à vélo. Quand le Rein est faible, l'air ne descend plus aussi bien, et la toux remonte dès que tu te couches. Et l'hiver, c'est justement la saison du Rein.
Même mot, « toux ». Plusieurs histoires différentes. C'est pour ça qu'un sirop unique pour tout le monde ne peut pas suffire.

Que faire contre les glaires ?
Rien de spectaculaire. Du bon sens, régulier, et de la chaleur.
Manger chaud et cuit. C'est la base, surtout en hiver. Des soupes, des plats mijotés, des légumes cuits, des bouillons. Tout ce qui arrive déjà chaud dans ton estomac, c'est de l'énergie que ton corps n'a pas à dépenser pour réchauffer. Il peut s'en servir pour transformer.
Boire chaud. De l'eau chaude, des tisanes, du bouillon. Laisse les boissons fraîches pour l'été.
Alléger le sucre et les céréales, sans tout supprimer. Garde-les, mais remets des légumes cuits et des protéines au centre de l'assiette.
Mettre des épices partout. En médecine chinoise, toutes les épices réchauffent. Le gingembre surtout, frais : une rondelle de la taille d'un pouce, coupée en fines tranches ou râpée, infusée dans de l'eau chaude, avec un peu de citron ou de cannelle si tu veux.
Laisser le ventre se reposer entre les repas, sans grignoter en continu.
Garder le corps au chaud : la nuque, les pieds, le bas du dos. Le froid qui entre par l'extérieur fragilise tout le système.
Les plantes que j'aime en hiver
Il y a deux plantes que je garde toujours à portée de main.
L'échinacée, pour le coup de froid. On la trouve en pharmacie, en gouttes, en gélules ou en extraits de plantes. J'ai grandi avec ça : chez nous, tout le monde en achetait en pharmacie dès le premier coup de froid.
Le plantain, quand ça tombe sur le Poumon. C'est une plante fantastique, aussi bien pour la toux sèche que pour la toux grasse.
Suis toujours les indications du fabricant, et demande conseil à ton pharmacien si tu prends un traitement.
Mais garde en tête que les plantes accompagnent le moment. Ce qui fait que les glaires ne reviennent pas l'hiver suivant, c'est le ventre.
Par où commencer ?
Observe-toi pendant deux semaines :
À quel moment les glaires sont-elles les plus présentes ? Au réveil, après les repas, la nuit ?
Qu'as-tu mangé la veille ? Froid, sucré, laitier, très riche ?
Est-ce que ta toux change quand tu t'allonges ?
Et le reste du corps : frilosité, tête lourde, ventre gonflé, fatigue ?
Puis découvre ton terrain. J'ai créé un test gratuit qui te dit en quelques minutes si ton terrain est plutôt Yin ou plutôt Yang, et quels sont les premiers gestes adaptés à ton corps.
Et si tu as de la fièvre qui ne baisse pas, du mal à respirer, une douleur dans la poitrine, des crachats de sang, ou si ça dure, on consulte sans attendre bien évidemment.
Prends soin de toi
Nina 🩷
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Découvre encore plus sur cette thématique dans cette vidéo sur ma chaîne YouTube : Un hiver sans tomber malade : les clés de la médecine chinoise
Ce contenu est informatif et éducatif. Il ne remplace pas un avis ou un traitement médical.





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