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Sécheresse vaginale à la ménopause : ce que la médecine chinoise appelle le vide de sang

Nina Voit Mtc
il y a 2 jours
7 min de lecture

La sécheresse vaginale à la ménopause fait partie de ces sujets dont on parle peu, et que beaucoup de femmes vivent en silence. Lors de notre dernier live « Les Rendez-vous du Bon Sens », consacré à la santé des femmes, c'est pourtant l'une des questions qui revenaient le plus dans le chat. On t'expliquera souvent qu'elle vient de la baisse des œstrogènes, et c'est vrai. Mais la médecine chinoise raconte l'histoire autrement, avec une notion qui n'apparaît sur aucun bilan : le vide de sang. Dans cet article, je te donne une recette maison très simple qu'une patiente m'a laissée au cabinet, puis je t'explique pourquoi elle ne suffit pas, et ce qui nourrit vraiment le terrain.


Noix de coco ouvertes, ingrédient d'un remède naturel contre la sécheresse vaginale à la ménopause

crédit image :  Microgen / Getty Images



Sécheresse vaginale à la ménopause : pourquoi ça arrive ?


La réponse habituelle est hormonale. À la ménopause, les œstrogènes baissent, et les muqueuses, qui en dépendent beaucoup, deviennent plus fines et moins lubrifiées. Résultat : inconfort, brûlures, douleurs pendant les rapports, parfois une sensation d'irritation au quotidien.

Cette explication est juste. Mais elle laisse une question sans réponse : pourquoi certaines femmes traversent la ménopause sans presque aucune sécheresse, alors que d'autres en souffrent dès les premiers mois ? Elles ont toutes une baisse d'œstrogènes. Ce qui change, c'est le terrain sur lequel cette baisse arrive.

En médecine chinoise, l'œstrogène est rangé du côté du Yin : la matière, les liquides, ce qui nourrit, humidifie et rafraîchit. Et dans le corps d'une femme, le Yin, c'est aussi le sang. Quand on parle de sécheresse, on regarde donc aussi l'état du sang. Pas sa composition mesurée sur une prise de sang, mais sa quantité et sa qualité au sens de la médecine chinoise.



Le vide de sang, une notion que la médecine chinoise ajoute


De la puberté à la ménopause, une femme perd du sang tous les mois. Avec lui partent du fer, des minéraux, beaucoup de protéines. Normalement, le corps refait ce qu'il a perdu. Il le refait à partir de ce que nous mangeons, à une condition : savoir le transformer. Et c'est là que tout se joue, parce qu'une digestion fatiguée refait moins bien le sang.

La médecine que nous connaissons ne mesure pas cela. Elle peut doser l'hémoglobine ou la ferritine, mais elle ne peut pas vider un corps, mesurer son sang et dire « avec 300 ml de plus, ce serait mieux ». La médecine chinoise, elle, observe des signes. Quand ils sont là, elle parle de vide de sang. Ce n'est pas une maladie : c'est un terrain, qui s'installe doucement pendant des années.



99,5 % : le petit calcul qui change tout


Pour comprendre comment ce terrain se creuse, je propose toujours un petit exercice. Imagine qu'à chaque cycle, ton corps ne refasse que 99,5 % du sang que tu as perdu. Pas 100 %. Juste un demi-pour-cent de moins, presque rien. Mais tous les mois, pendant 35 ans de règles.

Au bout de ces 35 ans, tu arrives à un déficit considérable. Et pourtant, tu ne le sens pas, ou très peu. Pourquoi ? Parce que tant qu'une femme a ses cycles, l'œstrogène fait office de joker. Il protège, il compense, il masque. C'est l'hormone de la beauté et de la longévité, celle qui maintient le corps en forme parce qu'il doit pouvoir créer la vie.

Le jour où ce joker descend, à la ménopause, tout ce qui manquait depuis des années devient visible d'un coup. La ménopause n'est pas le déclencheur de la sécheresse : elle en est le révélateur.



Les signes d'un vide de sang, pas seulement vaginaux


La sécheresse est le premier signe d'un vide de sang. Mais elle n'est presque jamais isolée. Si tu te reconnais dans plusieurs des points suivants, il est probable que ton terrain manque de sang au sens de la médecine chinoise :

Les sécheresses : muqueuses vaginales, yeux secs, bouche sèche, peau qui tiraille, ongles cassants, cheveux qui s'affinent.

Le sommeil : des nuits plus fragiles, des réveils, un endormissement difficile. En médecine chinoise, le sang est Yin, et le Yin, c'est la nuit.

Les émotions : une sensibilité à fleur de peau, des larmes faciles, l'impression que le moindre petit truc nous déstabilise. Nos émotions s'enracinent dans le sang : plus il y en a, plus on est calme.

Les articulations : une sensation d'être rouillée, parce que les liquides qui lubrifient les articulations font eux aussi partie du Yin.

Ce tableau n'a rien d'une fatalité liée à l'âge. Il dit simplement que le corps a manqué, pendant longtemps, de ce qu'il fallait pour refaire sa substance.



Le paradoxe : un corps plein d'eau qui manque de Yin


Il y a un paradoxe qui surprend souvent. On peut avoir un corps très Yin, c'est-à-dire rempli d'eau, en surpoids, frileux, avec de la rétention… et manquer pourtant de Yin sain. Comment est-ce possible ?

Parce qu'il n'existe pas qu'un seul Yin. Pour devenir du sang et des liquides utiles, ce qui entre dans le corps doit être transformé par le feu. Le feu digestif. Quand ce feu est trop faible, le corps ne fabrique pas du sang de qualité. Il fabrique de l'eau qui stagne, qui s'accumule dans les tissus. D'un côté, ça sèche. De l'autre, ça gonfle.

C'est pour cela qu'il ne suffit pas de « boire plus » pour ne plus être sèche. Ce n'est pas l'eau qui manque. C'est la capacité du corps à la transformer en quelque chose qui nourrit.



Un remède naturel contre la sécheresse vaginale : la recette d'une patiente


Avant de parler du fond, voici le geste qui soulage. Cette recette, c'est une patiente qui me l'a laissée un jour au cabinet. Depuis, je l'ai donnée à toutes les femmes qui m'en ont parlé.

Les ingrédients : à parts à peu près égales, de l'huile d'amande douce (ou de l'huile de jojoba) et de l'huile de coco. Les deux biologiques, idéalement achetées en bouteille de verre.

La préparation : fais tiédir très doucement, juste assez pour que l'huile de coco devienne liquide, puis mélange. En hiver, la coco a tendance à figer : ajoute alors un peu plus d'huile liquide. Conserve le mélange dans un petit flacon propre.

L'utilisation : au moment où tu en as besoin, pour le confort ou pour le plaisir. Tu peux masser doucement la zone.

Deux précautions importantes. Les huiles ne sont pas compatibles avec les préservatifs en latex, qu'elles peuvent fragiliser. Et en cas de douleur, d'irritation persistante, de saignement ou de signe d'infection, on consulte son médecin ou sa sage-femme.

Cette recette marche très bien. Mais c'est une rustine, posée de l'extérieur. Elle ne répond pas à la question : pourquoi ça s'assèche ?



Bol de soupe chaude au poulet et aux champignons pour nourrir le sang selon la médecine chinoise à la ménopause



Nourrir son sang : rallumer le feu digestif


Si la sécheresse vient d'un sang qui n'a pas été refait, la vraie piste est de remettre le corps en capacité de le refaire. En médecine chinoise, cela passe d'abord par la digestion, que l'on appelle la Rate. C'est elle qui transforme ce que nous mangeons en sang et en énergie.

Manger chaud et cuit. Notre corps digère à 37 °C. Tout ce qui est plus froid, il doit le réchauffer, et cette énergie lui manque ensuite pour le reste. Les salades à tous les repas, les yaourts et l'eau sortie du frigo éteignent doucement le feu digestif. Les soupes, les plats mijotés, les bouillons le rallument.

Manger assez de protéines, et les digérer. Le sang est en grande partie fait de protéines. Il ne s'agit pas d'en manger beaucoup, mais d'en manger assez, de façon variée, et sous une forme que ton corps arrive à assimiler : viande, poisson, œufs, légumineuses bien cuites, selon ton terrain.

Garder le bas du corps au chaud. Les pieds, le bas-ventre, les reins. En médecine chinoise, le Rein est notre réserve, et le froid qui monte par les pieds l'entame. Chaussettes, bouillotte, jamais de chevilles à l'air.

Alléger les perturbateurs endocriniens. Certains plastiques se comportent dans le corps comme des œstrogènes étrangers, qui se fixent sur nos récepteurs. Crèmes en pot plastique, bouteilles d'eau, poêles à revêtement, vêtements synthétiques : on allège plusieurs sources, pas une seule.

Ce ne sont pas des règles universelles : tout dépend du terrain. Une femme qui a toujours chaud n'a pas les mêmes besoins qu'une femme frileuse, fatiguée et ballonnée. Mais le principe reste le même : un feu digestif vivant refait du sang, et un sang suffisant hydrate.



Avant la ménopause : observe les dix jours qui suivent l'ovulation


Si tu n'es pas encore ménopausée, tu as un avantage précieux : ton cycle te montre déjà ce qui pourrait se passer plus tard. Observe la troisième période du cycle, les dix jours environ qui suivent l'ovulation, juste avant les règles. C'est le moment où l'œstrogène chute le plus.

Pendant ces jours-là, as-tu des symptômes que tu n'as pas le reste du mois ? Une sécheresse, des muqueuses ou de la bouche ? Une sensation d'être rouillée ? Des seins douloureux, des nuits plus agitées, des larmes plus faciles ? Ce sont de petites prémisses des symptômes qui risquent de revenir une fois l'œstrogène descendu pour de bon. Et si tu les vois maintenant, tu as des années pour nourrir ton terrain.



La ménopause, un changement d'état, pas une maladie


En médecine chinoise, la ménopause porte un très joli nom : le deuxième printemps. Pendant des décennies, le corps consacre une part de son énergie au cycle. Quand il s'arrête, il peut enfin se concentrer sur autre chose. C'est le moment où une femme peut devenir plus calme, plus ancrée, plus sûre d'elle.

La ménopause est un changement d'état. Elle n'est pas censée faire souffrir. Si elle devient difficile, c'est le plus souvent parce qu'elle révèle un terrain qui s'est appauvri au fil des années. Et un terrain, ça se travaille, à tout âge.

Pour certaines femmes, un traitement prescrit par leur médecin est une vraie aide, et c'est une décision qui se prend avec lui. La médecine chinoise ne s'y oppose pas : elle travaille le terrain, à côté.



Par où commencer ?


Garde la recette pour le confort. Et pour le fond, commence par l'assiette : chaud, cuit, assez de protéines bien digérées, et le bas du corps au chaud. Le sang se refait lentement. Mais il se refait.

Encore faut-il savoir si ton terrain manque plutôt de feu, de sang, ou s'il accumule de l'humidité. Fais le test Yin Yang pour découvrir ton terrain : tu recevras les premières choses à mettre en place pour le rééquilibrer.


Prends soin de toi

Nina 🩷

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Découvre encore plus sur cette thématique sur ma chaîne YouTube : Nina Voit - Du Bon Sens dans mon Assiette


Ce contenu est informatif et éducatif. Il ne remplace pas un avis ou un traitement médical.

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